adoucit les moeurs

Avant de revenir en Chine, un petit détour par la scène artistique chinoise en Europe cet été.

MONTPELLIER. Si vous vous trouvez dans le sud de la France, faites un détour par Montpellier qui abrite sa première Biennale d’art contemporain chinois. La démarche est inédite : voici une ville française sans autre lien avec la Chine que d’être jumelée avec Chengdu, qui crée une manifestation régulière exclusivement consacrée à la création contemporaine chinoise, et qui, de surcroit, veut se doter d’une collection permanente et même d’un centre de documentation unique en son genre en Europe consacré à l’art contemporain chinois.

La viabilité du projet n’est pas encore avérée, mais il faut reconnaître que la première édition, visible tout l’été (et jusqu’au 2 octobre), est prometteuse. Les organisateurs, conduits par l’écrivain José Frèches, ont réussi à présenter un panorama de l’art chinois qui ne doublonne pas avec les autres grandes manifestations artistiques chinoises des deux dernières années en France, l’expo du Centre Pompidou il y a deux ans, et celle de Lyon l’an dernier. A côté des valeurs sûres comme Huang Yongping, Ai Weiwei ou Wang Qingsong, on peut voir le travail de nombreux artistes moins souvent exposés hors de Chine, ou encore une oeuvre de Chen Zhen, l’artiste chinois mort en France il y a deux ans, exposée à la Chapelle de la Miséricorde rouverte pour l’occasion (ci contre). Les installations de l’ancienne école de Pharmacie valent également le détour, tant pour elles mêmes que pour le lieu. Bref, une manifestation à suivre dans deux ans, pour voir si les bonnes intentions du départ se retrouvent dans la durée.

VENISE. Déception, en revanche, à la Biennale de Venise où la Chine populaire dispose, pour la première fois cette année, d’un pavillon national. Pour la petite histoire, c’est à Venise que l’art contemporain a fait irruption à la fin des années 90 sur la scène artistique mondiale, et a fait sensation. A l’époque, ces artistes issus de l’underground chinois avaient été exposés sans l’aval de Pékin et le gouvernement chinois en avait été furieux, avant de découvrir que les retombées pour la Chine avaient été considérables : un air de modernité et un souffle de créativité sans que le ciel ne s’écroule sur la tête du Parti. L’idée a fait son chemin, et, en 2003, la Chine était prête à présenter, tout à fait officiellement cette fois, ses jeunes artistes à la plus grande exposition d’art contemporain au monde. Le Sras l’en avait empêchée, et ce fut partie remise à cette année.

Les conditions semblaient air max nike remplies pour une belle réussite, avec les meilleurs commissaires d’expo de Pékin pour décider de la programmation. Le pari semblait osé puisque les organisateurs, financés par le gouvernement chinois, avaient sélectionné certains des artistes les plus radicaux de Pékin, Peng Yu et Sun Yuan. Le résultat n’est france air max pas à la hauteur, avec, en particulier, le projet de soucoupe volante réalisé par air max france pas cher un paysan du Shandong que Peng Yu et Sun Yuan ont fait venir à Venise et qui devait s’envoler devant le gratin artistique mondial, pour rester piteusement au sol (voir ci contre).

Le reste du pavillon ne dépasse pas le niveau d’une expo de fin d’année aux beaux arts, à l’exception de la grandiose structure en bambou de Yung Ho Chang. Entre volonté d’Etat et désir de surprendre, les organisateurs n’ont pas trouvé le juste milieu, et l’entrée en piste de la Chine air max 90 officielle a fait un flop. Cela n’enlève rien à la créativité nike air max 2013 des artistes chinois, mais montre la difficulté d’en faire une vitrine pour un Etat, surtout quand il fait le grand écart idéologique comme celui ci.

Circonstance agravante, les Chinois continentaux se sont fait doubler par les Taiwanais qui, n’ayant pas droit à un pavillon d’Etat, ont loué un Palais près de la place St Marc pour présenter des oeuvres de vidéo art tout à fait honorables. En arrivant à la hauteur de la place la plus fréquentée par nike air max pas cher les touristes, on ne pouvait nike air max classic bw pas rater une immense banderole d’où ressortaient les mots Taiwan et Freedom. Si la Biennale de Venise est la poursuite de la guerre par d’autres moyens, le résultat est 1 0 pour Taiwan. Ah, si les guerres pouvaient se faire à coups d’expos d’artistes, on en redemenderait. C’était la minute d’utopie au coeur de la moiteur estivale de Pékin.